Pierre Beaudet, active in international solidarity and social movements in Quebec, is founder of Quebec NGO Alternatives, and Editor of the Nouveaux cahiers du socialisme. He blogs on rabble.ca in English and French.
It is always amazing to observe the ignorance of the Canadian left when it comes to Quebec politics. The reasons for this, I believe, are similar to what blocked the English left over Ireland for decades, as well as the French left over their African empire. It is costly in the short term to oppose its "own" imperialism, because it is supported by a very wide popular colonial mentality. But in the long term, it is deadly.
La « révolution » de droite continue à Ottawa. Le bulldozer Harper s'entête et poursuit, notamment pour accentuer la participation canadienne à la « guerre sans fin » qui risque de recommencer bientôt. En effet, les rumeurs à Washington et à Tel-Aviv font état d'un nouveau consensus sur l'idée d'attaquer l'Iran. En 2007 , les généraux états-uniens s'étaient opposés à l'aventure, jugeant le plan irréaliste compte tenu de la capacité de l'Iran de se défendre et des déboires militaires en Irak et en Afghanistan. Mais maintenant l'idée resurgit. En effet, l'Iran est à nouveau en crise.
Daniel Paillé's election as the leader of the Bloc is a relatively good reflection of the kind of dark hole in which the Nationalists find themselves at this moment.
Paillé was one of the (few) golden boys of "Québec Inc" (the local bourgeois) who came in with Jacques Parizeau and Lucien Bouchard in the 1990s, more or less like François Legault, who now heads the rightwing Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ). Paillé left the ship after Bouchard's departure and made a late comeback with the Bloc ten years later as a Member of Parliament. He was defeated by the orange wave last spring.
Après l'élection du 2 mai dernier et la percée surprise du NPD, plusieurs électeurs et électrices du Québec étaient enclins à donner la chance au coureur. Après tout, beaucoup de monde ont cru Jack Layton et Thomas Mulcair qui avaient promis de répondre aux attentes des Québécois pour donner, disaient-ils, « une dernière chance au Canada ». Six mois plus tard cependant, la réalité semble avoir rattrapé la fiction.
Depuis l'élection fédérale de mai dernier, un débat traverse la gauche québécoise sur le NPD. Certes, ce débat ne date pas d'hier. Mais pendant longtemps, la marginalité de ce parti faisait en sorte que la question demeurait un peu théorique. Aujourd'hui cependant, on constate que le débat se réanime. Pour certains, il faut travailler avec sinon dans le NPD qui demeure un parti « progressiste », si ce n'est que pour ralentir ou arrêter les assauts que prépare le gouvernement Harper pour éradiquer l'héritage du keynésianisme.
Aux lendemains des élections du 2 mai, le millionnaire-voleur Conrad Black, idéologue de droite de surcroît, racontait dans le Globe and Mail sa grande joie du fait de la victoire du NPD social-démocrate au Québec. Pour Lord Black en effet, ce triomphe devait être célébré, puisque l'anéantissement du Bloc Québécois représentait un très dur coup contre le nationalisme québécois. La réaction de Lord Black est assez partagée puisque, traditionnellement, au sein des élites canadiennes, le mouvement souverainiste québécois est un dangereux ennemi, au moins aussi menaçant, dans un sens, que la social-démocratie canadienne.
Tuesday, the day after, the Globe and Mail saw it right from the point of view of the elites. This is a double victory. It is a victory for hard-line neoliberal policies mixed with a realignment of Canada at the world level. And it is a strategic victory not only against the Bloc but against Quebec nationalism, the "biggest threat" according to the G&M.
Décidément, cette élection fédérale du 2 mai aura été une grande surprise. Nous devons faire preuve d'un peu d'humilité étant donné que très peu de personnes se prétendant « connaissants » (y compris l'auteur de ces lignes !) avaient prévu la montée fulgurante du NPD. Cela nous rappelle les limites de l'analyse politique et peut-être et surtout, le fait que les gens « ordinaires » ont souvent des idées précises (au-delà des experts) et qu'ils sont des « acteurs et non seulement des « victimes ».